Par Rodan Gordon | Yeul Sachir — FINCOME
La hausse d’un indice boursier américain ne garantit pas un rendement identique pour notre épargne en shekels. Lorsqu’un placement présente une exposition au dollar non couverte, le résultat dépend à la fois de la performance de l’investissement et de l’évolution du taux de change dollar–shekel.
Il est donc essentiel de savoir ce que l’on compare lorsqu’on lit les titres sur les hausses à Wall Street, puis le relevé de son fonds de formation (keren hishtalmut), de sa retraite ou de son épargne en Israël.
Comment le dollar influence-t-il le rendement en shekels ?
Pour un placement exposé au dollar sans couverture de change, deux facteurs interviennent simultanément :
- La performance du placement : la valeur de l’actif a-t-elle augmenté ou diminué en dollars ?
- Le taux de change : le dollar s’est-il renforcé ou affaibli face au shekel pendant la même période ?
Si le placement progresse et que le dollar se renforce, les deux effets peuvent augmenter le résultat en shekels. Si le placement progresse mais que le dollar baisse, le change peut réduire le gain, voire entraîner un résultat négatif en shekels. À l’inverse, un dollar plus fort peut atténuer une baisse du placement.
Un exemple : 10 % en dollars, mais 4,5 % en shekels
Supposons un placement initial de 100 000 ₪, entièrement exposé au dollar et sans couverture de change. Pendant la période considérée, sa valeur augmente de 10 % en dollars, tandis que le dollar perd 5 % face au shekel.
Le calcul est le suivant :
1,10 × 0,95 − 1 = 4,5 %
La valeur finale serait donc de 104 500 ₪, avant les frais et les éventuels impôts. On ne soustrait pas simplement la baisse du dollar de la hausse du placement : le taux de change s’applique à la valeur du placement après son évolution.
Cet exemple est purement illustratif. Il ne décrit aucun indice, fonds ou produit réel et suppose l’absence de versements et de retraits pendant la période.
Tout placement à l’étranger est-il exposé au dollar ?
Il faut distinguer le lieu de l’investissement, la devise dans laquelle il est coté et son exposition effective aux devises. Un fonds investi à l’étranger peut couvrir tout ou partie de son risque de change, et un portefeuille peut être exposé à plusieurs devises.
Acheter un produit en shekels ne signifie pas nécessairement que son exposition au dollar est couverte. Pour connaître cette exposition, consultez la politique de placement et les rapports du gestionnaire.
La couverture de change vise à réduire le risque lié aux devises. Elle ne supprime pas le risque de perte sur les actifs eux-mêmes, peut entraîner des coûts et ne garantit pas un meilleur rendement.
Avant de comparer un indice à votre épargne, vérifiez ces points
- La même période : un rendement depuis le début de l’année n’est pas comparable à un rendement sur douze mois. Les variations du change doivent également correspondre à la période étudiée.
- La même devise : comparez des rendements exprimés dans la même monnaie.
- Les dividendes : un indice de prix et un indice de rendement total, qui inclut le réinvestissement des dividendes, ne mesurent pas la même chose.
- La composition du portefeuille : votre fonds peut détenir d’autres actifs et ne pas suivre uniquement l’indice cité dans les médias.
- Les frais et les impôts : vérifiez si le chiffre annoncé est brut ou net, quels frais de gestion sont inclus et quel traitement fiscal s’applique.
- Les versements et les retraits : leur montant et leur date influencent le solde. L’évolution du solde du compte n’est pas, à elle seule, le rendement du placement.
Que faire avec cette information ?
Avant de changer de stratégie, commencez par comprendre vos placements actuels : exposition aux devises, couverture éventuelle, diversification, horizon de placement et date à laquelle vous aurez besoin de l’argent.
La devise de vos dépenses futures compte aussi. Une somme destinée à des dépenses en shekels ne répond pas nécessairement aux mêmes besoins qu’une somme destinée à des dépenses dans une autre devise.
Il n’existe pas de répartition universelle adaptée à tout le monde. Les objectifs, la tolérance au risque et la capacité à supporter des pertes doivent guider la réflexion. Une bonne année en Israël ou aux États-Unis ne justifie pas, à elle seule, de concentrer toute son épargne sur un seul marché. Et une anticipation du dollar pour le mois prochain n’est pas une base suffisante pour choisir une couverture de change.
Pourquoi cela concerne aussi les indépendants ?
Un indépendant qui facture des clients à l’étranger en dollars, mais paie ses dépenses en shekels, peut voir son revenu en shekels varier à volume de travail identique. Son épargne peut, séparément, présenter une autre exposition aux devises. Il est utile de considérer ces deux dimensions ensemble.
Chez Yeul Sachir — FINCOME, nous accompagnons les indépendants et les prestataires dans un cadre salarié, avec la gestion de la facturation et de la paie. Pour une question concernant votre épargne retraite ou votre exposition aux devises, vous pouvez contacter Rodan afin de préciser votre besoin et d’identifier le professionnel approprié.
Questions fréquentes
Un dollar plus faible signifie-t-il que mon placement a perdu de la valeur ?
Pas nécessairement. Le placement peut progresser en dollars, alors que la baisse du dollar réduit le résultat une fois converti en shekels. Il faut examiner les deux composantes.
Un achat en shekels me protège-t-il des variations du dollar ?
Non, pas automatiquement. La devise utilisée pour acheter le produit ne suffit pas à déterminer son exposition effective ni l’existence d’une couverture.
Faut-il toujours couvrir le risque de change ?
Il n’y a pas de réponse unique. Cela dépend notamment de vos objectifs, des devises de vos dépenses futures, de votre horizon et des coûts de la couverture.
Comment connaître mon exposition aux devises ?
Consultez les rapports et la politique de placement de votre gestionnaire. Si les informations ne sont pas claires, demandez-lui de préciser l’exposition et la part éventuellement couverte.
La performance d’un indice suffit-elle à évaluer ma retraite ou ma keren hishtalmut ?
Non. Il faut également examiner la composition du fonds, la période, l’exposition aux devises, les frais et les mouvements sur le compte.
Vous souhaitez mieux comprendre votre épargne ?
Avant de conclure que votre placement a « suivi la Bourse » ou qu’il est resté en retrait, vérifiez le produit détenu, la période de comparaison et l’exposition aux devises. Pour faire le point sur votre situation et savoir à qui adresser vos questions, prenons rendez-vous.
Cet article fournit des informations générales à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé en investissement ou en retraite. Les chiffres sont hypothétiques et ne représentent ni une prévision ni le rendement d’un produit. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.